Une histoire de Géants

Le Carnaval de Wellin n’aurait sans doute jamais connu un tel succès si les organisateurs des premières éditions n’avaient songé à donner à cette fête populaire des relents historiques.  Avec une grande rigueur, les historiens locaux, Mr Evrard, Mr Remy-Van Nieuwenhove, Mr Nemery de Belvau et Mr Collet ont défini, pour chacune des sections du grand Wellin, un cliché historique notoire qui a servi de support à la création d’un géant.  Des légendes locales créées à diverses époques ont aiguisé la créativité des « bâtisseurs » de ces géants.  Je vous invite à (re)découvrir ces personnages incontournables de notre folklore local…

 

Wellin

Wandalino

Wandalino est un maître carrier né de l’imagination de José Adam (voir la légende).  Son géant fût érigé pour la première fois dans les années 60 par  le comité « Wellin Initiative ».  La version actuelle de notre bon géant date de 1987…  Il s’agit d’un géant de 6 mètres, puissant et débonnaire, vivant en compagnie des « Nutons », nains vifs et espiègles.  

Pour prendre connaissance de l’histoire de notre carnaval : cliquez ici.  

La légende de Wandalino écrite par José Adam au début des années 60 (cliquez) : Le bon géant, le prince et les nutons.pdf

 

La Dame de Wellin

Ne pouvant décemment laisser plus longtemps notre pauvre Wandalino sans compagne, la “Dame de Wellin” fut conçue en 1990 afin de faire ressurgir ce haut personnage du VIème sicècle exhumé lors des fouilles archéologiques dirigées à Wellin par Maurice Evrard. Un souci tout spécial fut donc apporté à l’authenticité de ses bijoux (réalisés par Michel Timperman) et à la légitimité de son costume si splendidement réalisé par les doigts de fée de Marie-Jeanne Hubaille.

Godefroid de Wellin

Né en 1994, lors du 10ème anniversaire des festivités, Godefroid est le 1er représentant de la famille des “de Wellin” dont on trouve trace en 1104 en compagnie d’autres seigneurs vassaux de l’Abbaye de Stavelot à une assemblée à Chairière-sur-Semois.

Hallebard

En 1989, Marc Mahy et Pierre Talmas donnèrent vie à Hallebard, le dinosaure qui habitait le trou du Sourd’Ave. Cette légende imaginée par Francis Collet replaçait Hallebard dans le contexte de la légende de Wandalino (voir plus bas).

Avec l’aide de feu Lucien Remy, la structure de ce monstre de 20 mètres de long fut mise au point. Quels ne firent pas la surprise et l’effroi de nos petits wellinois quand ils le découvrirent, les yeux flamboyants, la gueule béante crachant des confettis.

En 1997, sous l’impulsion de Robert Pierlot, une équipe de fous décide de fabriquer un nouvel Hallebard, le premier est mort d’ennuis, abandonné lâchement par ses créateurs et laissé dehors faute de place pour l’abriter.  Pour le plus grand plaisir des petits et grands “Hallebard II” et ses Compagnons font de nouveau partie intégrante du Carnaval…  

Chanly

Henry de Thisnes (1989)

Il serait tout à fait déplacé de parler de Chanly au XIIème et XIIIème siècle, sans évoquer l’importance de son moulin primitif.

Et pour cause, Wellin étant à l’époque le plus gros domaine mérovingien de l’abbaye de Stavelot, c’est à Chanly même que la meunerie banale était située.  C’est l’un des premier meuniers qui a retenu l’attention des créateurs du géant : le nommé Henry de Thisnes, qui occupa le moulin pendant plus de 40 ans.  Plus d’infos sur le moulin de Chanly :cliquez ici

Halma

Le Chevalier Lambert (1989)

Tout comme Chanly, Halma étant une dépendance proche du domaine de Wellin, l’histoire se confond donc avec cette dernière localité.  La première trace d’Halma nous vient d’un acte d’échange conclu le 2 octobre 925, entre un certain « Lambert », chevalier franc, et le Comte Gislebert, abbé de Stavelot.  En échange d’un manse (petite ferme) situé entre Resteigne et Chanly, l’Abbé cède au Chevalier Lambert un manse de 34 bonniers (environ 80 ares) sur le ban de Wellin au village nommé Halmarchia.

Daverdisse

Jean de Daverdisse (1989)

Primitivement, Daverdisse n’était qu’un appendice de la villa mérovingienne de Wellin et fut donné avec celui-ci à l’Abbaye de Stavelot par Carloman en 746.  Famille provenant de la Seigneurie de Wellin, les premiers Seigneurs de Daverdisse portaient les armes d’azur à deux léopards d’or.

Le premier Seigneur dont on a trace est Jean de Daverdisse.  A cette date, il joue le rôle d’arbitre pour des problèmes survenus entre les habitants de Bohan et leur Seigneur au sujet de la paisson, du four banal et âtres, servitudes féodales.

Lomprez

Jean l’Aveugle (1989)

Primitivement modestee dépendance du manse seigneurial de Wellin (XIIème siècle), Lomprez acquiert, aux  environs du XIIIème siècle son autonomie propre (construction d’un château)

C’est l’un des premiers Seigneurs de Lomprez qui a retenu l’attention des historiens locaux.  Il s’agit de Jean de Luxembourg, Roi de Bohême.  Chatelain de Lomprez aux environs de 1342, il mourut quatre ans plus tard à Crécy, durant l’une des nombreuses batailles de la guerre de Cent Ans.  Se battant pour le compte e Philippe VI de Valois, Roi de France, et atteint de cécité, il attacha son cheval à celui de deux de ses chevaliers afin de pouvoir combattre contre les anglais.  Ce qui lui valut d’ailleurs le sobriquet de Jean l’Aveugle.

Sohier

Jean de Ghenart (1989)

C’est jusqu’en 1473 que Sohier fut sous la tutelle des Sires de Daverdisse.  C’est à cette époque et par le mariage de Jeanne de Daverdisse, fille de Jean, que Sohier passe aux mains de la famille des « de Ghenart » (Jacques de Ghenart 1473).  C’est en l’église de Sohier que repose leur illustre descendant Jean de Ghenart.  Leurs armoiries étaient « d’argent à la bande de sable cotticée de même ».

 

Froidlieu

Saint Barthélémy (1989)

D’après une note consignée dans les registres paroissiaux de Wellin et tirée sans doute des archives de l’Abbaye de Stavelot, cette église aurait été fondée et dotée par Charlemagne en 789.  Dédiée à Saint-Barthélémy, elle se trouvait à l’est du village actuel, proche des sépultures mérovingiennes mises à jour en 1885.

 

Les Saltimbanques

Jacky

Lors d’une des premières éditions du Carnaval (1987?), Jacky HUBAILLE et Maurice HOUILLON,  déguisés en Nababs koweitiens, distribuèrent dans de petites barriques un vin sélectionné avec soin par Maurice. Un petit verre de « pétrole » par-ci, un petit verre de « pétrole » par là, les spectateurs étaient ravis de cette idée. L’imagination de Pierre Talmas fit vite le reste en créant le premier costume « d’Arlequin aux couleurs de Wellin ». Les Saltimbanques étaient nés.

Avec l’aide de Marc Mahy, Marie-Jeanne HUBAILLE se lança dans la confection en série des costumes aux couleurs du Carnaval. C’est ainsi que Jacky Hubaille, le patriarche, Bernard DELVOSALLE, dit l' »Enclume », Thierry RUIR, dit « Le T’chè », Michel DESTOKY, brasseur à l’époque et Thierry DAMILOT, dit « Bichette », formèrent la toute première équipe de Saltimbanques.

Les Saltimbanques ont récemment créé leur propre géant juché sur un tonneau et, en hommage à un des créateurs du groupe, ont décidé de le prénommer « Jacky »…  La légende des Saltimbanques (cliquez) : La Légende des Saltimbanques.pdf